16
novembre 2018

Entre temps, le récit

Editos
Outils
TAILLE DU TEXTE

Entre ceux qui cherchent et ceux qui pratiquent - élus ou opérateurs -, entre le collectif, l'individuel, l'institutionnel et le réflexif, les temps de la ville fluctuent. L'urbanisme doit pouvoir les harmoniser, en partant d'une stratégie long terme, qu'il rectifie "en permanence", souligne Pauline Ouvrard ; tout en s'affranchissant du récit politique - de l'électoralisme à la vraie vision -, qui interfère dans la dynamique urbaine. Entre la scène et les coulisses d'un projet territorial, il y a une "fabrication des discours", note la doctorante qui a fait du territoire de Saint-Nazaire son sujet de thèse. Or, la prospective territoriale, en tant "qu'instrument de la politique publique territoriale", peut créer un point de convergence et "mobiliser les forces vives du territoire : l'opérateur, le politique, le chercheur et le citoyen"

Les travaux du doctorant Alexandre Faure sur les temporalités politique et urbaine dans le Grand Paris relèvent une concomitance, mais "pas forcément d'interdépendance" entre le projet et l'institutionnel : un réseau de transport "comptable" face au "flou artistique" de la gouvernance. En quels points ces deux éléments se rencontrent-ils ? s'interroge le chercheur. Quand Nicolas Sarkozy s'est emparé publiquement du dossier, le Grand Paris Express et la Métropole du Grand Paris ont été abordés de façon simultanée, si bien qu'on a cru qu'ils étaient "étroitement liés". Or, la "déconnexion est énorme". Ou lors des municipales en 2014 : les favoris "ne parlaient jamais du Grand Paris" ; les challengers étaient "vent debout contre la métropole".