11
décembre 2018

Apprenti sorcier

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Le ministre du logement, Julien Denormandie, veut en finir avec la logique de zonage de la politique du logement et prend, en ce moment, "les mesures nécessaires" pour "mieux prendre en compte les réalités territoriales et les dynamiques opérationnelles locales". Le principe d’une révision de ce sujet majeur, puisque de ce zonage dépendent les principales aides au logement comme le PTZ ou le Pinel, a été reconnu par tous les acteurs du logement lors de la conférence de consensus (cf CdL n°839-840), en février dernier, qui concluait ainsi les discussions : "les participants ont fait des propositions qu’il conviendra d’expertiser sur une possible distinction dans l’application de ces règles entre zone tendue et détendue. Un rapport est attendu d’ici cet automne sur le zonage et fera l’objet d’expertises en vue d’une prochaine loi de finances".

Pour le ministre, la politique publique du logement "doit être profondément territorialisée", par contraste avec un découpage qu'il juge "trop grossier". Se dirige-t-on vers une déclinaison locale d’une politique nationale du logement ou une délocalisation totale de la décision stratégique ? L’Etat veut-il garder la main ou joue-t-il le jeu d’une décentralisation pour atténuer ses difficultés avec les élus ? Si la volonté de permettre aux territoires de faire face à leurs besoins réels de logements est légitime, le gouvernement va devoir éviter de jouer à l’apprenti sorcier, comme avec les APL, s’il ne veut pas faire chuter la construction de logements neufs, qui ralentit depuis le début de l'année, alors que le gouvernement a fait de "construire plus, mieux et moins cher" un objectif crucial de sa loi Elan.