11
décembre 2018

d'a n°232
Architectes de campagne

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Remise TTC :
TTC : 15,00 €
HT : 14,69 €

D'ARCHITECTURES 232 - Décembre/Janvier 2015

- Dossier du mois

Architectes de campagne

 

- Parcours 

Bourbouze & Graindorge

 

- Réalisations

Simon Teyssou
Christian Vincent
AZCA
Atelier Barani
Eliet & Lehmann
LAN
Chartier-Dalix
Bruno Mader

 

- Classement par chiffres d’affaires : les 350 premières agences d’architecture


EDITO : Des starchitectes aux rurarchitectes

 

Les campagnes françaises meurent en silence sans que rien ne semble arrêter cette inexorable destruction. Seul l’avenir de la ville et de la banlieue requiert l’attention du pouvoir politique et des médias. Le territoire rural est une terra incognita du petit monde des architectes et urbanistes, qui n’y ont jamais été invités et qui n’y trouvent guère de commandes rémunératrices. Pendant ce temps, villages et centres-bourg se vident, le patrimoine vernaculaire – lorsqu’il n’est pas abandonné ou détruit – est défiguré par de hâtives réhabilitations et les bocages sont saccagés. Les derniers agriculteurs, exsangues, ne peuvent plus entretenir le paysage. Mais la campagne n’est pas devenue pour autant une ruine romantique car, simultanément à ce déclin, lotissements pavillonnaires indigents et zones d’activité dévorent les terres agricoles à la périphérie des villages. Mâts publicitaires, ronds-points, enseignes criardes, hangars commerciaux, portails Lapeyre et chaumières de catalogue se dressent erratiquement sur ces terres conquises.

En abordant la question du développement touristique et du rôle des architectes-conseil de l’État, d’a a déjà cette année tenté de montrer combien cette question allait bien au-delà de considérations esthétiques. À l’heure où une sévère crise économique touche les architectes, notamment les plus petites agences, il est absurde de voir les campagnes, qui en auraient tant besoin, abandonnées par l’architecture. Quelques architectes n’ont pas baissé les bras, ils ont cherché à comprendre pourquoi et comment nous en sommes arrivés là. Patiemment, ils rétablissent le dialogue avec les édiles et les habitants, expliquent pourquoi l’architecture est non seulement possible partout et à toutes les échelles d’intervention, mais aussi comment elle peut être un facteur d’économie pour de modestes budgets municipaux. Ces architectes que nous avons rencontrés ont appris à créer les conditions de la commande, à s’impliquer dans les mécanismes de financement, à conseiller des édiles dépassés. Loin de la course aux commandes prestigieuses, ils réinventent un métier enviable, rural et contemporain.

Emmanuel Caille

 


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