25
avril 2017

La RATP lance l'expérimentation de la première navette autonome

Mobilités
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Le 23 janvier, la RATP, aux côtés du Stif et de la Ville de Paris, a lancé la navette autonome sur une voie dédiée et protégée : entre la gare d'Austerlitz et la gare de Lyon, dans le 12e arrondissement, sur le pont Charles de Gaulle. L'expérimentation durera jusqu'au 7 avril, 7 jours sur 7: de 14h à 19h, le grand public pourra tester le véhicule gratuitement. Cette expérience "vise en premier lieu à recueillir des informations sur la performance, la fiabilité du véhicule, mais aussi l'avis des passagers", précise Elisabeth Borne, p-dg de la RATP. "D'autres expérimentations seront lancées en Ile-de-France" : entre le Château de Vincennes et le Parc floral du bois de Vincennes, et une desserte interne du site du CEA sur le plateau de Saclay. La navette autonome a un intérêt sur "de grandes sites industriels" ou "pour le dernier kilomètre", indique la présidente. "Sa petite taille est un avantage", ajoute Gilbert Gagnaire, directeur général et fondateur d'Easymile, le constructeur (une marque 100 % française !). La navette EZ10 peut ainsi transporter six à huit personnes, dont un agent à bord. Elle peut récupérer des passagers à la sortie des RER et les déposer à divers endroits. Plus flexible qu'un bus de 60 places. "C'est un outil supplémentaire pour répondre aux besoins de mobilité", se réjouit Elisabeth Borne. Stéphane Beaudet, vice-président (LR) de la Région Ile-de-France, en charge des transports, est "fier" d'être aux côtés des élus de Paris, "sans dogmatisme et les coudes serrés" pour le lancement de "ce point de plus dans un catalogue de transports toujours plus riche". Il s'agit de la "première expérience sérieuse", se félicite Gilbert Gagnaire, qui imagine, à terme, développer des véhicules plus grands, pouvant transporter entre 80 et 120 personnes, pour les sites aéroportuaires notamment. "Le véhicule autonome est une révolution qui devrait modifier en profondeur le paysage urbain d'ici 20 ans", ajoute Jean-Louis Missika, adjoint à la maire de Paris, en charge de l'urbanisme. "Les villes qui expérimentent ces technologies seront les mieux armées". En outre, c'est la première fois qu'un véhicule autonome est testé dans ces conditions à Paris : en mode collectif et en milieu urbain, dans un contexte, certes protégé, mais réel. 
A terme - mais l'échéance est encore difficile à déterminer - la navette EZ10 devrait dépasser les limites du pont Charles de Gaulle pour relier les deux gares, et ce, sans agent à bord. Mais d'ici là, de nombreux freins doivent être levés : "les questions réglementaire, socio-culturelle, financière, ou politique sont encore nombreuses", rappelle l'adjoint. Aujourd'hui, pour faire rouler ce type d'engin, il faut une dérogation, qui prouve notamment que le site d'expérimentation est protégé, que le véhicule ne transporte pas plus de huit personnes et que le trajet ne comporte aucun croisement. (JS)

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